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Abidjan - Du 17 au 19 janvier 2018, 45 scientifiques du nord et du sud se sont retrouvés à Galveston (Texas, USA) pour se pencher sur le phénomène des Sargasses. Il s’agissait d’un atelier international, sur invitation du Service pour la Science et la Technologie (SST) du consulat de France à Houston, de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et du Texas A&M University (Galveston Campus).


Photo: Abidjan Convention

L’initiative arrive quatre ans après que les plages de Galveston, des Antilles et d’une partie d’Afrique occidentale, ont mystérieusement été envahies par des algues brunes (Sargassum) qui colonisent les eaux marines et les  plages. Le but de la rencontre était dans un premier temps, de rassembler les chercheurs et les organismes travaillant sur les problématiques de biodiversité marine et côtière et les amener à mettre en commun leurs efforts face au phénomène de l’envahissement des côtes par les Sargasses. Dans l’avenir, océanographes, météorologues, biologistes marins, physiciens et télédétecteurs pourraient améliorer les prédictions en portant un regard collectif sur le phénomène. La démarche permettra de mieux comprendre les facteurs à l’origine de cette prolifération algale, les vecteurs que sont les courants océaniques ainsi que les variations de température de la surface de l’océan.

Dès son apparition en 2014, ce phénomène spectaculaire avait sévèrement perturbé le secteur touristique à cause des nuisances olfactives provoquées par la décomposition organique des algues. L’odeur insupportable qui émanait de ces algues avait chassé les touristes, provoquant des dommages sérieux aux économies locales.

En Atlantique Sud, des pays de la Convention d’Abidjan avaient observé le phénomène, notamment le Benin, la Côte d’Ivoire, le Libéria, le Nigeria et la Sierra Leone. Le Secrétariat de la Convention d’Abidjan avait alors facilité la rencontre des experts en la matière en Sierra Léone et au Liberia pour échanger sur l’énigme des Sargasses. A l’issue de cette rencontre, une stratégie de gestion des Sargasses a été élaborée avec l’appui du projet West Africa Biodiversity and Climate Change (WABiCC). A travers le Dr Jacques Abe, la Convention d’Abidjan a été donc invitée à Galveston pour présenter l’état des connaissances des Sargasses en Afrique de l’Ouest.

La participation de la Convention d’Abidjan à ce colloque répond à la mise en œuvre de la décision de la COP12 portant sur la coopération transatlantique (décision de la COP12, CP-12.20). Ladite décision demande au Secrétariat d’instaurer un cadre adapté de coopération environnementale d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique. En attendant une solution au problème des Sargasses, le Pr Abe suggère d’en tirer quelques avantages.  L’industrie cosmétique y trouve de la matière pour la composition des parfums. Les algues brunes ont également servi à fixer les dunes de sable à Galveston. Par ailleurs, une séance a été organisée pour déguster de la bière fabriquée à partir des algues Sargasses.

A Galveston, les participants se sont quittés en se félicitant des progrès réalisés. La prochaine rencontre pour finaliser le protocole d’accord Franco-Américain aura lieu à Marseille en France plus tard cette année.

La Convention d’Abidjan se félicite d’avoir participé à un événement d’une telle importance et en remercie l’IRD qui lui en donné l’opportunité. Les deux structures envisagent de signer un Mémorandum d’entente qui portera sur les études biologiques de la croissance des Sargasses. Les expérimentations seront conduites au Centre de Recherches Océanologiques d’Abidjan qui a une longue expérience de collaboration avec le l’IRD France.